mardi 22 décembre 2015

Le parking de la Brèche et sa réunion publique : la fin de l'illusion démocratique à Chinon ?

Hier soir avait lieu à Chinon la réunion publique organisée par la mairie pour présenter le projet du parking de la Brèche. Ce projet, dont le but est de construire un immeuble composé d'un parking à étages, de commerces, de logements, d'une crèche... en plein secteur sauvegardé, à deux pas de la forteresse de Chinon et dans le secteur classé Patrimoine Mondial par l'UNESCO, était dénoncé par une pétition lancée par l'association Défense du Patrimoine de Chinon et de ses environs, et soutenue par Urgences Patrimoine. Mais plus qu'une réunion de présentation, les chinonais ont rapidement compris qu'il s'agissait en fait d'une réunion de légitimation du projet, sans réelles possibilités de modification ou d'abandon.
La forteresse de Chinon, vue de l'autre rive de la Vienne
Dès le début de la réunion, le maire de Chinon ne s'est pas laissé intimider par la salle comble qui lui faisait face. Il a tout d'abord dénoncé vigoureusement la distribution de tracts à l'entrée, qui faisaient le parallèle entre son projet et l'emprunt toxique souscrit par l'ancienne majorité.

Le maire a ensuite présenté les éminents membres assis à sa table et censés prouver l'importance majeure du projet et la bienveillance que toutes les strates de l'administration française portaient à son propos. Il ne fallut pas longtemps au public pour se rendre compte de la mascarade qui se jouait devant leurs yeux.
"Projet architectural et paysagé"... Paysagé ? Vraiment ? Et si on proposait des cours d'orthographe au maire ?
Après la présentation du maire, a suivi celle de l'architecte du projet. Étaient-elles différentes ? Non. Pour légitimer la construction monumentale qui prendra place sur l'actuel terrain, ils se sont évertués à prouver que, de toute façon, il y a toujours eu de gros bâtiments ici. Donc on peut bien en construire un aussi gros à la place. Peut-être ont-ils cru que répéter leurs maigres arguments en reformulant leurs phrases suffirait à berner l'assemblée qui leur faisait face...
Pour le maire, il est tout à fait naturel et légitime de construire de tels blocs sur un espace vide...
Quoiqu'il en soit, les arguments étaient tellement mauvais que des soupirs d'exaspération se sont rapidement élevés dans la salle. Ainsi, pour le maire tout comme pour l'architecte, et, on a peine à le croire, mais aussi pour l'Architecte des Bâtiments de France, il est tout à fait logique de construire n'importe où, du moment qu'à cet emplacement il y a déjà eu des constructions. Cet argument, sans doute le plus répété car le plus légitime à leurs yeux, le voici : le parking actuel occupe une zone vierge, mais qui ne l'a pas toujours été. Photos et cadastres à l'appui, avant l'éboulement de 1921, il y avait plein de grosses maisons ici ! La vue dégagée que l'on a actuellement sur le château n'a rien d'historique, puisqu'autrefois on ne voyait rien. Donc on peut construire un immeuble ici. Mais ce n'est pas tout ! Pour appuyer encore plus leur démonstration, ils ont prouvé que les différents corps de bâtiments formant le bâtiment complet reprennent les formes des parcelles visibles sur le cadastre napoléonien. Et les recommandations de l'ABF ont consisté en « mettez un peu de tuffeau sur les murs pour cacher le béton, et des toits en ardoise, comme ça on reste dans l'architecture typique de Chinon ». Avis aux chinonais qui ont certainement été bloqués bêtement par l'ABF pour quelques travaux en secteur sauvegardé : mettez du tuffeau et de l'ardoise, c'est suffisant pour que la restauration soit validée !
Magnifique non ? Un pas de plus vers la banalisation des centres-villes ! Et dire qu'il y a tant de belles places à Chinon pour accueillir les marchés...
Outre cet argument, les autres points abordés par le maire et l'architecte n'étaient que spéculations hypothétiques sur les bienfaits de cette réalisation, et insistance sur l'esthétique de l'ouvrage. Pour l'esthétique, il s'agissait de créer une ligne horizontale répondant à la ligne verticale de l'ascenseur, et la compléter par un deuxième ascenseur plus haut, et mettre un peu de végétation sur le béton (caché par le tuffeau, oui oui on a compris). Cette construction comportera des espaces commerciaux, ce qui permettra de sauver les commerçants agonisants dans le centre-ville (logique, on ajoute de l'offre pour sauver l'offre ?!). Elle permettra, grâce à son parking, de désengorger les rues étroites du centre-ville (car, selon les dires du maire, les seules voitures présentes à Chinon sont celles qui tournent désespérément pour trouver une place libre). De plus, un restaurant gastronomique panoramique devra prendre place au sommet du bâtiment, là aussi pour sauver les restaurateurs chinonais. En gros, ce projet de parking va permettre de sauver Chinon, la Touraine, de mettre fin à la crise économique et aux guerres dans le monde.
Le parking actuel... À moitié vide, comme à son habitude...
A ensuite suivi un long et très intéressant débat, entre les chinonais et le maire. Le but de ce débat reste encore à définir, car, à toutes les remarques apportées par ses concitoyens, le maire répétait inlassablement qu'il avait raison et qu'il n'y avait pas d'autre solution.
Les questions et remarques étaient les suivantes :
- Pourquoi faire venir autant de voitures en plein centre-ville, alors que les rues médiévales de Chinon sont étroites et très fréquentées par les piétons l'été (et que les parkings périphériques sont vides puisque trop nombreux comparé au nombre de touristes et de chinonais...) ?
- À qui profitera cette construction : Aux touristes ? Aux chinonais ? À propos de la pétition, le maire fait remarquer que 70% des signataires ne sont pas de Chinon : chers défenseurs du patrimoine, occupez-vous de vos affaires !
- Ne serait-il pas moins cher de mettre en place un système localisant automatiquement les places disponibles pour mieux aiguiller les automobilistes dans la ville (et éviter ainsi qu'ils tournent dans la ville à la recherche d'une place...) ?
Une des rues de Chinon qui permettra d'accéder au parking...
- Est-on certain de la stabilité du coteau ? (réponse : de toute façon le coteau peut s'ébouler partout, et ma grand-mère habite au bord du coteau, donc vous voyez que c'est une question qui me concerne...).
- Interrogations sur la volonté du maire de bâcler les travaux en deux ans (soit-disant pour sauvegarder les subventions).
- Question sur l'utilité de réunir tous ces espaces au même endroit (parking, crèche, logements, commerces, restaurant panoramique...).
- Remarque intéressante sur le fait qu'en période de campagne électorale le futur maire dénonçait vigoureusement ce projet de l'ancienne municipalité : les 500 000€ que coûterait l'avortement du projet, somme alors annoncée par l'ancienne municipalité, avait été décrite par M. le futur maire comme uniquement destinée à « faire peur ». À la réunion d'hier, c'est la même somme, légèrement augmentée, qui a été annoncée par M. le maire. Qu'en penser ?
- Pourquoi céder le parking a une société privée ?
- Pourquoi dépenser une telle somme alors que la ville est déjà surendettée et à la limite de la tutelle ?
Quasiment aucune réponse acceptable n'a été apportée par le maire à ces remarques.
Outre la falsification des dépenses et des recettes, afin de tomber miraculeusement sur un total identique, notez bien la dernière ligne, censée effrayer les habitants de Chinon et ne pas leur laisser le choix...
Après plus de 3h de débats stériles et pleins de mauvaise foi, le maire a clôt la réunion. De plus en plus ébranlé au fil des échanges, le maire semble cependant sur le point de revenir sur ce projet. Le soutien de Stéphane Bern et la prochaine intervention d'Urgences Patrimoine auprès de l'UNESCO pourront certainement faire pencher la balance du bon côté. À suivre donc.

Pour signer la pétition, cliquez ici.

samedi 28 novembre 2015

Ensemble, sauvons le château de Murviel!!!

Le château de Murviel-les-Béziers, dont certaines fondations sont du XIIème siècle, a non seulement pour sa propriétaire une valeur familiale et sentimentale, il est dans sa famille depuis 1806, mais il possède aussi une valeur historique très importante du fait qu'il soit resté dans son jus depuis plus d'un siècle, ce qui fait de lui une exception : son entrée  en pierre sculptée avec finesse, de très beaux décors du XVIIème siècle encore visibles sur les plafonds à la Française, de remarquables peintures murales historiées qui viennent orner ses murs, et bien d'autres petits trésors…

Le projet de Véronique est de redonner vie à ce château qui est resté inhabité depuis plus de 70 ans. Et par la suite de l’ouvrir  au public.


Nous vous laissons découvrir ce projet de sauvegarde en cliquant ICI.

Faire un don sur cotizasso: DON

mardi 24 novembre 2015

Cinquante propositions françaises pour protéger le patrimoine de l’humanite

Il est urgent de de se poser les vraies questions et d'essayer de trouver de vraies réponses afin de sauvegarder le  Patrimoine...Chez nous comme partout dans le monde...


Voici le rapport remis au Président de la République sur la protection du patrimoine en situation de conflit armé établi ce mois de Novembre 2015, par Jean-Luc Martinez, Président-directeur du musée du Louvre:

samedi 21 novembre 2015

Loges du Palais Garnier... complément d'enquête.


Urgences Patrimoine s'est penché plus avant sur l'intérêt historique et artistique des loges créées par Charles Garnier...
Nous avons trouvé une étude complète faisant état de tous les travaux concernant celles-ci de l'origine à nos jours.
Tout ce qui est mis en lumière dans ce brillant mémoire se réfère à la documentation interne de l'Opéra Garnier...


Nous vous offrons aussi quelques représentations de la salle et des loges voulues par C. Garnier afin de vous éclairer sur la dimension patrimoniale du lieu...
Notre enquête continue...






mercredi 18 novembre 2015

Le mot d'Alexandra

Aujourd'hui plus que jamais, il va falloir se montrer digne de l'héritage Culturel qui nous a été transmis et de faire de cette transmission une priorité.

Je me suis demandée un peu avant la création d'Urgences Patrimoine, pourquoi de plus en plus de monde s'intéressait à cette cause...

Mon analyse, bien que primaire, m'a conduit à cette réponse : dans des périodes socialement et économiquement troubles, nous avons besoin de nous raccrocher à des choses et à des valeurs connues.
Le Patrimoine en est, après la famille, certainement l'un des plus beaux exemples.

Car le Patrimoine rassure!
Les pierres, les traditions, les gestes, les paysages... forment un rempart protecteur dans une société aseptisée où l'hyper consommation a remplacé le durable, où le jetable a remplacé l'artisanal et où l'apparence a plus d'importance que la valeur intrinsèque de l'individu.

Alors si nous voulons que ce rempart nous protège encore longtemps, il faut que nous en soyons fiers et dignes.
Il est de notre devoir de le respecter, de le valoriser, plutôt que de le négliger, le mépriser ou pire...le détruire.

Sans rempart, nous serons bien plus vulnérables encore, sans rempart, nous serons en proie à encore bien plus de dérives et livrés sans défense aux attaques les plus diverses.

En honorant notre Patrimoine, c'est la mémoire de ceux qui nous l'ont transmis que nous honorons. Soyons fiers de cet héritage,soyons fiers de notre histoire commune et de nos racines.

...Aujourd'hui plus que jamais "relevons nos pierres, pour relever la tête"!!!


                                                                                Alexandra Sobczak
                                                                                Présidente fondatrice



vendredi 13 novembre 2015

L'Opéra Garnier, analyse d'une œuvre totale, d'après le traité de Georges Tubeuf

Georges Tubeuf, théoricien de l'architecture et ancien élève de l’École Nationale des Beaux-Arts, publie de 1890 à 1898 ses Traités d'Architecture. Dans son chapitre sur les constructions publiques, il consacre de nombreuses pages au cas de l'Opéra Garnier, et s'en sert comme d'un modèle pour traiter de l'architecture des théâtres. À travers cette publication méconnue, nous pourrons nous rendre-compte de l'impressionnante modernité de l’œuvre de Garnier, du programme extrêmement précis dans lequel il a été amené à travailler et de l'importance impérative de la maintenir en l'état, sans rien en enlever ou ajouter (pour signer la pétition contre la destruction des loges de l'Opéra, cliquez-ici).

C'est par un décret du 29 septembre 1860 qu'a été déclarée d'utilité publique la construction d'une nouvelle salle d'Opéra, sur un emplacement sis entre le boulevard des Capucines, la rue de la Chaussée-d'Antin, la rue Neuve-des-Mathurins et la passage Sandrié. Un arrêté du 29 décembre suivant ouvrit un concours et en détermina les conditions : un délai d'un mois était accordé aux concurrents.
Cent soixante-douze projets furent présentés et exposés. Le jury n'accorda pas le grand prix, mais distingua cinq de ces projets et désigna celui qui portait le n°6 pour le premier prix de 6000 francs, le n°34 pour le prix de 4000 francs, le n°17 pour le prix de 1000 francs, les n°29 et 38 chacun pour un prix de 150 francs. Les auteurs de ces projets étaient MM. Genain (n°6), Crépinet et Botrel (n°34), Garnaud (n°17), Duc (n°29), Ch. Garnier (n°38).
À la suite d'un concours définitif, le projet de M. Charles Garnier fut choisi à l'unanimité et l'exécution lui en fut confiée.
Le rapport concluait en ces termes : « Le travail de cet architecte a été jugé réunir des qualités rares et supérieures, dans la belle et heureuse disposition des plans, l'aspect monumental et caractéristique des façades et des coupes. Ancien pensionnaire de l'Académie de France à Rome, M. Garnier, qui se recommandait déjà par ses succès académiques et ses excellentes études des monuments de l'Italie et de la Grèce, a acquis les connaissances pratiques qui lui permettent de remplir avec distinction la glorieuse mission qui lui sera confiée. L'exécution de son projet promet une salle d'Opéra digne de Paris et de la France. »
Il serait superflu de constater combien les prévisions du rapport ont été justifiées par l'achèvement de l'édifice et à quel point le public a confirmé le jugement du jury.
Les travaux furent commencés en août 1861 ; interrompus pendant les événements de 1870 et de 1871, il étaient loin d'être achevés, lorsque, dans la nuit du 27 au 28 octobre 1873, la salle d'Opéra de la rue Lepeltier fut entièrement détruite par un incendie.
Les travaux du Nouvel-Opéra reçurent une active impulsion. L'achèvement de certaines parties du monument (le pavillon ouest et le glacier) fut différé, et l'inauguration eut lieu le 5 janvier 1875, par une représentation par ordre, dans laquelle on exécuta différents fragments d'opéras et de ballets. La série ordinaire des représentations commença le vendredi 8 janvier.

Ces indications indiquent souvent des conditions qui peuvent paraître très importantes ; on se rappellera qu'il s'agit d'un théâtre tout à fait exceptionnel ; mais, en même temps, on verra que les prescriptions édictées ont pour but de donner la plus grande facilité au public, d'une part, et de plus, d'assurer le service et le bon fonctionnement de l'administration en elle-même.
Un perron de dix marches en pierre de Saint-Ylie conduit à un rez-de-chaussée en liais de Larris percé de cinq arcades, décoré de quatre statues et de quatre médaillons. De chaque côté est un avant-corps, percé d'une arcade semblable et orné de deux groupes en pierre. Au-dessus s'étend la loggia, dont les seize colonnes monolithes en pierre de Bavière ressortent sur un fond en pierre rouge du Jura.
Ces colonnes sont reliées par des balcons en pierre polie de l'Echaillon portés par des balustres en marbre vert de Suède ; elles sont accompagnées par autant de colonnes en marbre fleur de pêcher, aux chapiteaux en bronze doré de deux ors. Ces dernières colonnes soutiennent des claustra en pierre du Jura, dont les œils-de-bœuf sont ornés de bustes en bronze doré. 
Chacun des avant-corps est surmonté d'un fronton sculpté. L'attique est enrichi de sculptures dont le fond est incrusté de mosaïques dorées. Sur toute la façade et sur les avant-corps en retour règne une rangée de masques en bronze doré. Enfin, au-dessus des bandeaux, en marbre de brocatelle violette, s'élèvent à chaque angle des groupes en bronze doré. Au-dessus de la façade on aperçoit la coupole de la salle revêtue de bronze, et au delà le grand mur de la scène s'élevant à une hauteur de 45 mètres et surmonté aux angles et au sommet de groupes en bronze.
Les groupes qui décorent, au rez-de-chaussée, les avant-corps de la façade sont en pierre, d'une hauteur de 3m30, ayant 1m75 de large à la base ; ils représentent, en commençant par celui à gauche :
L'Harmonie, groupe composé de trois figures, l'Harmonie, la Poésie et la Musique, par François Jouffroy ; La Musique instrumentale, composée de sept figures, le génie de la Musique, deux femmes et quatre enfants, par Eugène Guillaume.
La Danse, groupe de neuf figures, Génie de la Danse et danseuses. Certaines parties de ce groupe de l’œuvre, de J.-B. Carpeaux, sont inachevées. Sur la jambe gauche d'une des danseuses on distingue encore les points du praticien. On se souvient des ardentes polémiques dont le groupe de la Danse fut l'objet. Vers la fin de 1869, un arrêté ministériel ordonna que ce groupe serait retiré de la place qu'il occupe et transporté dans l'intérieur du bâtiment. Un nouveau groupe de la Danse fut commandé à C.-A. Gumery ; l'artiste avait achevé son modèle, quand la mort vint le frapper ;
Le Drame lyrique, groupe de quatre figures, la Vengeance, la Vérité et deux hommes, par J.-J Perraud.
L'attique est également décoré de masques en bronze doré ; ces masques sont la dernière œuvre de Klagmann. Ils sont au nombre de cinquante-trois, reproduisant douze types de masques antiques, comiques et tragiques ; ils mesurent 0m80.
Enfin, l'attique supporte divers groupes en bronze doré : À gauche, l'Harmonie, groupe de trois figures ; il mesure 7m50 de haut et 5m50 de base ; il est de C.-A. Gumery.
À droite, la Poésie, trois figures de mêmes dimensions, du même artiste.
Les Pégases en bronze du grand pignon de la scène ont 5 mètres de hauteur ; ils sont de E.-C. Lequesne. Au sommet du pignon : Apollon, la Poésie et la Musique, groupe en bronze de 7m50 de haut et 4 mètres de large, par A. Millet.
En pénétrant dans le vestibule de la façade principale, dont le sol est revêtu d'un dallage à grands compartiments, le public aperçoit en face quatre statues assises, représentant quatre compositeurs des écoles française, italienne, allemande et anglaise. Chacun d'eux porte le costume de son temps. Au-dessus de ces statues sont sculptées les armes de la ville natale de chaque compositeur.
Il est important que les escaliers, leurs dégagements et les communications qui s'y rattachent soient disposés de telle sorte que, sans barrières, sans obstacles matériels, le courant de la circulation établisse naturellement entre les diverses classes de spectateurs la séparation qui répond aux diverses catégories de places.
Les marches du grand escalier sont de marbre blanc de Serravezza ; elles sont bordées par une balustrade en onyx dont les deux cent vingt-huit balustres, en marbre rouge antique, reposent sur des socles de marbre vert de Suède. 
Les voûtes du palier central et les colonnes qui les soutiennent, construites en pierre de l'Echaillon, sont ornées d'attributs et d'ornements divers, au milieu de délicates arabesques.
À la hauteur du vestibule de la façade, la rampe centrale de l'escalier aboutit à un palier qui donne accès par une porte monumentale aux baignoires, à l'amphithéâtre et à l'orchestre, puis, par les rampes latérales, à l'étage des premières loges et du foyer. 
Aux abords de la rampe centrale sont placées, de chaque côté, des figures décoratives supportant des appareils d'éclairage. Ces groupes, en galvanoplastie, ont 2m60 de haut et portent sur un socle de 0m90 de diamètre ; ils se composent chacun de deux femmes, l'une debout, l'autre assise, et d'un enfant tenant des lampadaires au nombre de trente-cinq lumières. Ces groupes sont de A.-E. Carrier-Belleuse.
La porte monumentale du palier central, exécutée avec des marbres précieux, est décorée de deux cariatides, qui soutiennent un fronton au-dessus duquel deux enfants en marbre blanc s'appuient sur les armes de la ville de Paris.
Il faut, en dehors du courant de la foule, à proximité des escaliers et en communication facile avec les principaux dégagements de la salle, un ou deux salon où les spectateurs puissent attendre leur voiture sans être exposés à des courants d'air meurtriers, à des froissements déplorables pour les toilettes. Ces salons d'attente doivent, pendant les froides soirées d'hiver, servir de refuge à des femmes légèrement vêtues et sortant d'une salle très échauffée. On évitera donc d'en ouvrir les portes immédiatement sur la rue, elles s'ouvriront plutôt sur des galeries closes et chauffées où se tiendront les gens de livrée.
L'avant-foyer se compose d'une galerie de 20 mètres de long, à chaque extrémité de laquelle se trouve un salon ouvert, qui communique avec les corridors du premier étage de la salle. La galerie donne d'un côté sur le grand escalier, de l'autre sur le grand foyer. 
Cette dernière partie est ornée de huit pilastres en marbre fleur de pêcher, portant des arcades dans le tympan desquelles des enfants, assis sur la corniche, soutiennent des médaillons. La hauteur de ces tympans est de 1m40 sur 5 mètres de large. Ils représentent en commençant par l'est : la Peinture en Bâtiments et la Fumisterie, par H. Chevallier ; la Mosaïque et la Mécanique, par Mathieu Mesnier ; la Couverture et la Marbrerie, par G. Guitton.
Entre les pilastres se trouvent alternativement trois portes de 7 mètres de haut, donnant accès sur le grand foyer, et deux panneaux ornés de glaces. Sur les pieds-droits des extrémités, de chaque côté de la galerie, sont appendus au milieu de palmes en bronze quatre médaillons en émail. Chacun de ces médaillons représente sur un fond bleu un instrument de musique de la France (oliphant), de l'Egypte (sistre), de la Grèce (lyre) et de l'Italie (tambour de basque et flûte de Pan).

Ces galeries seront, autant que possible, parallèles à la file des voitures, pour que la sortie puisse s'effectuer par plusieurs issues à la fois. C'est une nécessité analogue à celle qui fait placer les salles d'attente d'une gare bien entendue parallèlement à la voie.

Les deux pavillons latéraux, destinés à des usages différents, ne sont pas d'une construction semblable. Celui de l'est est percé d'arcades à jour, pour la descente à couvert des voitures. Celui de l'ouest, qui, à l'origine, devait former une dépendance de la loge du chef de l’État, est muni d'une double rampe carrossable qui aurait permis aux voitures de s'arrêter dans un vestibule clos et couvert, situé à la hauteur des loges du rez-de-chaussée. À l'entrée de la double rampe, s'élèvent des colonnes rostrales en granit d’Écosse ; chacune des entrées de ce pavillon est ornée de deux cariatides.

Ces salons d'attente, où pourront, au moment de la sortie, se réunir trois ou quatre cents personnes, mais pour peu de temps, n'ont pas besoin d'une grande hauteur ; on pourrait prendre pour type le vestibule du Théâtre-Français. Dans ces conditions, on peut peut-être utiliser le vide qui se trouve entre l'amphithéâtre et les premières loges.
Le public ne se réunit pas au foyer comme dans un salon ; il s'y promène. 
Les foyers doivent donc comprendre : Une ou deux galeries aussi développées que possible en longueur ; Une galerie ou loge ouverte ; Et vers les extrémités de la principale galerie avec laquelle ils communiqueront par une double haie de petits salons, où les habitués qui ne goûtent pas les plaisirs ambulatoires pourront causer paisiblement.
La loggia, ou galerie ouverte, s'étend sur toute la longueur, les sept grandes portes qui y donnent accès sont ornées de colonnes de marbre et couronnées par un cartouche et deux enfants d'une hauteur de 1m50 dus au ciseau de C. Gumery.
On doit trouver encore à proximité des foyers : le salon du glacier et une pièce convenable pour son laboratoire dont on doit faire le service et l'approvisionnement sans passer par la salle ni le foyer. Enfin, un emplacement convenable pour la bouquetière et pour le libraire.
Les corridors, dont la hauteur est déterminée par celle des loges, seront toujours trop bas. Aussi il est à désirer que l'on adopte le parti de les ouvrir du côté opposé aux loges, sur de larges et élégantes galeries comprenant deux étages. Le sol des corridors ne saurait être parqueté à cause de la sonorité des parquets ; il doit être couvert de mosaïques assez élégantes pour dispenser du poudreux tapis qu'il est si difficile d'y entretenir propre et en bon état.
Le sol de la galerie, comme celui de tout l'étage et des corridors de la salle, est dallé en mosaïque. La voûte est également entièrement revêtue de mosaïque. Parmi toutes les splendeurs artistiques du Nouvel-Opéra, l'emploi de la mosaïque est un des moyens décoratifs auxquels l'architecte attachait le plus de prix et qu'il tenait le plus à réaliser. Le Nouvel-Opéra en a montré en France le meilleur spécimen.

On doit trouver à proximité de la salle les dépendances suivantes :
À chaque étage, dans les corridors des loges, plusieurs cabinets où les ouvreuses puissent placer les objets de toilette qu'on leur confie.
Aux abords de l'orchestre et du parterre, des vestiaires d'une certaine étendue et surtout d'un accès facile. Plus de cent personnes de chaque côté de l'orchestre y déposent leurs vêtements et se pressent pour les reprendre, toutes à la fois, au moment de la sortie.
On doit avoir des closets à chaque étage et dans les meilleures conditions d'aérage et de propreté. Les femmes doivent pouvoir s'y rendre sans embarras et trouver dans leurs dépendances une pièce où elles puissent facilement réparer leur toilette.
Il faut donc que ces retraits indispensables soient précédés de dépendances suffisantes pour sue l'accès n'en soit pas interdit par une indication trop évidente de leur destination, et cependant qu'ils ne soient pas trop éloignés des couloirs des loges.

À travers cette étude, nous pouvons noter un point majeur qui a présidé à la construction de l'Opéra : le Nouvel-Opéra de Garnier n'est pas un lieu culturel tel qu'on le conçoit de nos jours. C'est avant tout un lieu de représentation, un lieu où les visiteurs sont les propres acteurs de la comédie qui se joue chaque soir. Il faut se montrer, il faut être vu. Les riches ornements et les allégories de tout genre sont adaptés à la société qui fréquente les lieux, et qui est à même de les comprendre. À l'Opéra, tout est fait pour complaire aux besoins de cette haute société de la fin du XIXe siècle, des marches de l'entrée jusqu'aux loges de la salle. À propos de ces loges, il convient de rappeler qu'elles sont en grand danger, certaines ayant d'ors et déjà été supprimées afin de gagner quelques places en ajoutant une trentaine de sièges. Pour s'accorder au besoin de rentabilité d'un lieu culturel, on va donc l'amputer de ce qui fait sa spécificité. 
Il ne faudra plus parler de l'Opéra Garnier comme un chef d’œuvre de l'architecture éclectique du Nouvel Empire, mais comme un vulgaire site touristique vendu aux exigences de rentabilité et qui en a par la même occasion perdu son âme. Comme on peut le voir sur cette photo, la grande salle de l'Opéra semble désormais édentée, la lumière ne s'accordant absolument plus avec ce nouveau rythme insensé. Pour toutes ces raisons, il est impératif de signer la pétition contre la mutilation des loges de l'Opéra, à retrouver ici.

mercredi 28 octobre 2015

Salon International du Patrimoine

Nous sommes heureux de figurer parmi les exposants du Salon International du Patrimoine Culturel
du 5 au 8 novembre 2015 au Carrousel du Louvre sous le symbole "Patrimoine et Modernité"...
L'association est née grâce aux réseaux sociaux, un moyen de communication "moderne" au service de la cause du patrimoine, nous serons donc en plein dans le thème!


Présentes sur notre stand, trois œuvres de l'artiste Guillaumette Duplaix et une de Damien Aspe en collaboration avec Bertrand Cazenave: de belles illustrations de la création contemporaine, alliant Patrimoine et modernité.
La société "Pierres de France" met à notre disposition des éléments architecturaux pour assurer le décor de notre stand, un grand merci à Hervé De Coninck d'avoir accepté de collaborer avec nous.
Un grand merci également à deux de nos "Ambassadeurs" européens représentant Urgences Patrimoine en Espagne et en Italie pour leur présence à nos côtés.
Notre coordinatrice de projet, nos délégués et moi-même vous attendons nombreux pour de beaux échanges Patrimoine!!!
    
                                                        Alexandra Sobczak, Présidente.

Nous trouver:

Salon International du Patrimoine Culturel
Carrousel du Louvre
rue de Rivoli 75000 Paris

Espace Delorme, stand A38

Jeudi 5, vendredi 6 et samedi 7 Novembre 2015, 10h-19h
Dimanche 8 Novembre 2014, 10h-18h

Plus d'information ICI.


mercredi 7 octobre 2015

Flash info!

L'église Sainte Rita, qui devait être détruite ce lundi, est toujours debout grâce à la persévérance des élus, des riverains, de l'association les Arches de Ste Rita et évidemment d'Urgences Patrimoine grâce à notre déléguée Isabelle Bolvin!

Nous sommes mobilisés devant l'église afin d'empêcher cette démolition et des recours pour la sauver son actuellement étudiés, des plaintes ont été déposées...

Nous ne lâchons rien!
Ne regardons plus, agissons!





samedi 26 septembre 2015

Architecture thermale : chefs-d'oeuvre en péril !

L'Hôtel du Parc, jadis fleuron de Saint Honoré les bains, risque de disparaître avant la fin de l'année.
Nous vous proposons cet article afin de faire connaissance avec un patrimoine qui est 
peu-à-peu oublié...


Hôtel du Parc, entrée de la Tour
I- Un peu d'histoire ….

Le premier usage des eaux thermales semble remonter aux Grecs. En effet, l'usage des eaux thermales est évoqué dès le VIème siècle avant J.C par le poète Grec Ibycos. Les Romains perfectionnèrent la pratique des thermes par la construction d’aqueducs, dont certains donnaient accès à l'eau potable, tandis que d'autres alimentaient les thermes.

Grecs et Romains appréciaient beaucoup ces eaux chaudes qui les relaxaient après des exercices sportifs ou qui soulageaient certaines douleurs grâce à leurs vertus bienfaisantes.

Mosaïque de thermes romains
Le thermalisme se développe ainsi réellement au 1er siècle de notre ère avec les Romains qui construisent nombre de bains publics ou privés. Aix-les-Bains ou encore Vichy (fondée en -52 avant J.C) deviennent alors des hauts lieux du thermalisme.

C'est la découverte d'une ou plusieurs sources qui détermine l'implantation d'un lieu de cure. L'établissement thermal doit être au plus prêt du griffon pour le pas risquer, en multipliant les canalisations, de faire perdre à l'eau ses propriétés et notamment sa température. Nombre de stations comme Neris les Bains ou encore Bourbonne les bains sont implantées à l'emplacement exact des anciens thermes romains.

A partir du Vème siècle et la chute de l'empire Romain, le thermalisme va être peu à peu délaissé. Ce sont les populations locales qui profitent des vertus de la source (ex : Dax). On note néanmoins la présence attestée de thermes avec une activité médicale : Ax les Thermes en 1260, Bourbonnes les Bains au XIVème siècle.

Enluminure médiévale
1605 : Henri IV met en place une véritable organisation du thermalisme avec la Surintendance Générale des Bains et Fontaine.

Le tournant s'opère au XVIIIème siècle, avec un mouvement d'amélioration des installations amorcé au siècle précédent. De véritables établissements thermaux, bien structurés, fonctionnels, avec piscine, séparation H/F sont mis en chantier. Les constructions à partir de ce moment la vont se succéder : 1762 Luxeuil, 1771 Plombière, 1780 Aix en Provence, 1783 Bourbonne les bains / Aix les bains, 1785 Mont Dore … A partir de 1778, la société royale de Médecine  est chargée de tester les qualités curatives des eaux.

Publicité de Mucha, fin XIXème
Le XIXème siècle marquera l'essor du thermalisme. Sous le premier empire, la famille impériale prend les eaux à Bourbonne les bains, Aix ou encore Plombières. La mode des cures thermales se généralise. De nouvelles destinations apparaissent : Chatel Guyon 1817, Enghien les bains 1820, Evian 1827.

A partir de 1850 le thermalisme prend son envol sous l'impulsion de Napoléon III. Les anciennes stations s'agrandissent, de nouvelles voient le jour. Des établissements prestigieux, aux programmes architecturaux complexes, aux intérieurs richement décorés  sont édifiés sur tout le territoire. Cette dynamique se poursuit au XXème siècle et prendra fin vers 1930.

En 1850 : 200 stations sont recensées en France dont 75 sans établissement thermal (juste une buvette).
L'état en posséde alors quelques une (Aix les bains, Vichy, Plombières …), mais la grande majorité est privée (Vittel, Enghien les bains …) avec plus ou moins de prospérité.


II- La ville thermale 

La création des stations thermales s'inscrit à la fois dans le mouvement de l’avènement des loisirs, de la médicalisation de la société française du XIXème siècle et le développement des moyens de transport (C'est la révolution industrielle avec notamment l'arrivée du chemin de fer).

Station Thermale La Bourboule
La ville d'eaux s'organise autour des équipements collectifs dévolus à la médecine, aux loisirs, à l'hébergement et aux transports. La ville thermale, contrairement à la ville balnéaire est repliée autour du lieu d'émergence de la source minérale, le griffon. Ces villes, nouvellement établies autour des sources forment des villes parcs. Leur création nécessite d'importants travaux d'aménagements pour domestiquer le paysage et créer un urbanisme de loisirs et de services, aux antipodes de la ville industrielle. Les stations thermales sont traditionnellement des villes de villégiatures.

L'espace urbain dans une station thermale est structuré par les équipements publics : Établissements de bains/santé, équipements de sport et de loisir, hôtels et autres établissements d’accueil.

Les promenades 
Les promenades ont été créés dès le XVIIIème siècle car la marche et la cure de bon air participent à la réussite du traitement. Au XIXème siècle, chaque établissement doit être relié à un parc thermal.
Ex : Vichy ou tout un circuit de promenades couvertes est mis en place pour conduire le curiste d'une source à l'autre.

Promenade Vittel
L'hébergement 
Initialement les curistes descendaient dans des auberges, des pensions ou chez l'habitant. Rare sont les véritables hôtels dans la première moitié du XIXème siècle. Ce mouvement s'inverse à partir de 1850 et les hotels remplacent les pensions. Ces établissement deviennent de plus en plus luxueux pour aboutir autour de 1900 à la création de palaces dotés de tout le confort moderne. Plus l'hôtel est grand, plus le prestige de la station est démontré (quelque soit la taille de la station!). De même les façades sont richement décorées : pierre de taille pour encadrer les fenêtres, garde corps en fer forgé, corniches sculptées …. Ce sont de véritables espaces aristocratiques situés à coté du Casino.

Etablissement thermal Bagnoles
Le Casino
Le Casino est le lieu de représentation par excellence de la station. La loi de 1907 autorise les jeux de hasard "dans des locaux spéciaux, distincts et séparés" pendant la "saison des étrangers". Outre les jeux d'argents, le casino permet aussi de jouer à des jeux de société comme les jeux de carte, les échecs, le tric-trac, les dominos …. La présence du casino est un signe distinctif de l'importance de la station. Dans les petites stations, des salons s'ouvrent dans les hôtels ou sont abrités des cercles indépendants ou privés. Dans son encyclopédie de l'architecture et de la construction" publiée en 1898 par Paul Planat, Gustave Rives recommande que le casino soit : "Placé à l'endroit le plus agréable de la station balénaire (…) sa situation et son orientation ont une très grande influence sur les résultats de son exploitation. Il faut que ses abords soient d'accès facile, larges, bien entretenus, la façade principale au soleil et, si la configuration du pays le permet, le bâtiment sera bien abrité. Autour de lui des espaces seront réservés pour des jeux et les exercices du corps. Enfin et c'est la une des conditions essentielles de sa vitalité, il doit être à proximité du meilleur endroit de la plage ou l'on se baigne, ou près de l'établissement thermal". Ex : Vichy qui dispose de son casino depuis 1865, situé à l'autre bout du parc thermal (à l'autre extrémité se situe l'établissement thermal). A partir de 1860-1870, les casino se dotent de salles de théatre. Le parti ternaire de la façade principale du casino, avec deux ailes entourant un corps central est très fréquent. La façade néo-classique du casino de Monte-Carlo (1879) avec ses campaniles est un archétype dont s'inspirent d'autres casinos comme par exemple celui de Royan. Il est également source d'inspiration pour celui de Vittel édifié par le même architecte trois ans plus tard. Le casino trouve une source d'inspiration dans les différentes expositions universelles et se prête facilement au jeu des styles, du pittoresque au mauresque, du néo classique au néo régional, de l'art déco au style international en évitant le néogothique trop connoté et l'art nouveau réservé pour la décoration intérieure.
Casino d'Aix-les-Bains, extérieur et intérieur

Les établissements de bains 
La forme de l'établissement de bains à beaucoup évolué selon le mode et le type de soins poursuivis. Il se confond parfois avec le casino.

Les équipements de sport et de loisir 
Dans les villes thermales, nombre d’établissements sportifs sont issus ou hérités de goûts aristocratiques et du goût anglais. L'architecture sportive s’intègre au programme de la ville parc. Ex : chalet du golf-club construit à Vittel pour la saison 1911. Dès avant 1914 on pouvait pratiquer le golf à Aix les Bains, Vichy, Vittel ou encore Evian. La période de l'entre deux guerre verra l'éclosion des piscines sportives, la valeur thérapeutique de l'eau s'efface au profit de l'exercice sportif qui entretient et régénère le corps du curiste (ex : Piscine couverte à Vittel en 1936). Des tribunes sont édifiées pour les amateurs de courses hippiques, nautiques ou encore cyclistes. Avant 1914, des concours hippiques sont organisés dans les villes thermales d'Aix les Bains, Vittel, Plombières et Vichy.

Thermes des Océanides à Pornichet, 1960

La clientèle des stations thermales
Entre le XVIIème et le XIXème siècle, seules les familles fortunées font des séjour dans les stations, à l'image de personnages célèbres comme Napoléon III, Chateaubriand ou Madame de Sévigné. Mais la fréquentation se diversifie et s'élargie tout au long du XIXème siècle dans des proportions variables selon les stations. Le nombre "d'étrangers" à pour ainsi triplé de 1850 à 1870. Dans les grandes stations (Vichy, Aix les bains), la clientèle est cosmopolite, composée de tête couronnées, aristocrates, industriels, artistes … Mais difficile de distinguer entre curistes et simples villégiateurs. La liste des étrangers était publiée à chaque saison dans les gazettes locales.

Thermes des Dômes Vichy

III- Le patrimoine thermal aujourd'hui délaissé 

Après la seconde guerre mondiale, une nouvelle clientèle issue du tourisme de masse et du thermalisme social afflue. La physionomie des stations change peu à peu. L'aspect médical prend le pas sur les loisirs. Le thermalisme perd de son prestige notamment suite au vieillissement de la clientèle (25% des curistes ont plus de 65 ans). Le remboursement des soins par la sécurité sociale permet un temps d'augmenter le nombre de curistes. La clientèle chic se replie sur les stations balnéaires (Paca, Arcachon …).

A partir des années 1960, le thermalisme correspond de moins en moins aux nouvelles orientations de la société et aux progrès de la médecine. Des villas de villégiatures sont transformées pour en faire des meublés, les palaces et grands hôtels inadaptés à la nouvelle clientèle sont vendus en copropriété. A partir de 1993, le thermalisme est en crise et certaines stations sont en déficit : Evaux les Bains, Luchon, Enghien les bains …

Thermes Napoléon, Plombières-les-Bains
Depuis le milieu thermal manifeste la volonté de se moderniser et de nouveaux investissements se font. De nouveaux établissements thermaux remplacent les anciens (ex : Dax en 1982) et la plupart
se repositionnent sur le secteur de la remise en forme (thermalisme non conventionné comme la balnéothérapie). D'autres jouent sur leur glorieux passé et leur aspect patrimonial plus que le thermalisme. Ex : Néris les Bains.

Le patrimoine thermal est mal connu et menacé. 
Seul 3% du patrimoine thermal est inscrit ou classé en Auvergne.
Sur la France, le % est encore moindre. 
En tout 31 établissements thermaux sont protégés en totalité ou en partie. 

Les villes thermales étaient conçues comme des villes idéales pour réparer les méfaits de la ville industrielle, guérir le corps malade et lui donner les bienfaits du confort et du bien être. 
Chaque station a ses particularités et ses originalités. 


L'Hôtel du Parc hier...
...et aujourd'hui!
Militons pour leur sauvegarde!
Apprenons à rêver rien qu'en les regardant! Sauvons l'hôtel du Parc! 

David Poujol, délégué Gironde.

Pétition en ligne

Article Presse

Bibliographie :
Architecture thermale - CAUE Allier
Architecture des villes d'eaux - Bernard TOULIER
Architecture des loisirs en France dans les stations thermales et balnèaires - Bernard TOULIER