jeudi 29 janvier 2015

Patrimoine perdu ou ruines romantiques ?

A la fin du XVIIIème siècle et au début du XIXème la notion de pittoresque change de sensibilité. La recherche d'archaïsmes (les styles romans et gothiques n'étaient plus à la mode) et la notion du temps qui passe et qui emporte tout avec lui se mêle au sentiment de déréliction inspiré par ces chefs- d'oeuvre du Moyen-Age qui n'en finissent plus de s'éteindre. Une approche plus sensible des lieux et des peuples, une époque plus proche que l'Antiquité (tellement prisée au XVIIIème siècle) conduisent à une méthode statisticienne qui donnera naissance à une connaissance moderne du monde physique et social.
Pour les Romantiques du XIXème siècle, la notion de ruines pittoresques est un élément majeur de leur méditation et de leur rêverie poétique. Certains comme Prosper Mérimée, Eugène Viollet-le-Duc, Alexandre Lenoir ou Alexandre du Sommerard comprennent très vite les enjeux du patrimoine. On peut même dire qu'ils ont travaillé pour les siècles à venir qui verront le tourisme de masse.

 Abbaye des Châteliers, Ile de Ré (Charente Maritime) (Photo de Hervé Le Roy via Wikipedia)

Existe-t-il un patrimoine inexorablement perdu ? Quelles sont les priorités ? La question reste  ouverte. A notre époque où tant d'édifices anciens sont menacés, des choix doivent être faits face au manque de moyens, de volonté des élus, des propriétaires, qui ont en ont la charge, devant le manque de fidèles aussi dans nombre de paroisses.

Abbaye de Trizay, bâtiments conventuels  (Charente Maritime) (Photo de J. Jahnke via Wikipedia)

Certaines ruines ne seront jamais relevées et demeureront dans le paysage. Des églises sont détruites abusivement, comme à Abbeville (Somme), d'autres se restaurent comme à Arc-sur-Tille (Côte d'Or). Partout des hommes et des femmes de bonne volonté font prendre conscience aux populations que la sauvegarde vaut mille fois mieux que la destruction.
Certains lieux sont aisèment transformables, les exemples surabondent. On voit des églises et des chapelles converties en bibliothèques, salles de concerts et de conférences, en sièges d'associations et parfois même en halles ou restaurants, en centre d'art comme à Trizay (Charente Maritime) ou partiellement restaurées et reprises par des communautés, comme à Sablonceaux (Charente Maritime).

Abbaye de Sablonceaux (Charente Maritime) (Photo de l'auteur).

Une sélection devra s'opérer, c'est inévitable car, hélas, tout ne pourra pas être sauvé. Notre mission est l'urgence de sauvegarder ce qui peut l'être et ce qui doit l'être. Pour cela l'état dans lequel se trouve l'édifice et son ancienneté sont naturellement pris en compte. Ce n'est pas parce qu'un monument est plus ancien qu'un autre qu'il a plus de valeur, entrent en  ligne de compte l'originalité,  la technique, les matériaux. Il ne saurait y avoir de subjectivité, cela va de soi, ou de préférences pour tel ou tel style ou période.

Abbaye de Trizay, centre d'art (Charente Maritime) (Photo de Cobber17 via Wikipedia)

Alors si l'Abbaye des Châteliers dont les ruines sur l'Ile de Ré ont encore fière allure, et bien qu'elle fut bâtie au XIIème siècle sur l'emplacement d'un ancien camp romain par les moines cisterciens, fut détruite puis reconstruite plusieurs fois, elle restera à l'état de ruines. Le très beau prieuré de Pont-l'Abbé-d'Arnoult (Charente Maritime) ne pourra pas non plus être sauvé. Détérioré, à l'état d'abandon depuis des dizaines d'années, les travaux de restauration sont colossaux et effraient même la DRAC. Les façades témoignent encore de sa splendeur. Adossées à la magnifique église, chef-d'oeuvre du Roman, il faut se résoudre à l'évidence, surtout face à l'intransigeance des propriétaires et à leur manque de moyens financiers pour réaliser des travaux d'envergure.

Ancien Prieuré de Pont-l'Abbé-d'Arnoult (Charente Maritime) (Photos de l'auteur)

Alors, partout où cela sera possible, Urgences Patrimoine et ses délégués donneront leurs conseils, étudieront les possibilités de restauration, de mécénat, de reconversion afin que renaîssent les beaux patrimoines locaux, sachant bien toutefois que le monde change.

François Hagnéré, délégué Urgences patrimoine pour la Charente Maritime.

dimanche 4 janvier 2015

Le mot d'Alexandra


Chers amis,

en ce début janvier, permettez-moi de vous souhaiter comme il se doit la meilleure année possible!
C'est la période des voeux, alors faisons ensemble celui de voir les choses évoluer au niveau patrimonial.

Souhaitons que les consciences s'éveillent et que la sauvegarde du patrimoine devienne une grande cause pour tous ceux qui aiment la France et ses trésors!

Ce blog a un peu plus de deux mois d'existance et nous avons eu près de quatre mille visites avec une vingtaine d'abonnés. 
Notre page Facebook a été créée il y a huit mois, a dépassé les six mille fans, et vous êtes de plus en plus nombreux à nous suivre et à nous encourager notament par des adhésions que nous souhaitons plus nombreuses encore... Certains d'entre vous se sont même engagés dans notre combat pour la sauvegarde du patrimoine en devenant délégués pour Urgences Patrimoine!

Je souhaite que bien d'autres nous rejoignent dans les prochains mois car pour agir au plus vite sur les "urgences" la proximité est le plus bel atout!
Le temps n'est donc plus aux simples constats ni aux lamentations, non, le temps est maintenant à l'action!

Alors soyons proches de notre patrimoine, soyons actifs, impliquons-nous!!!

Alexandra Sobczak, présidente d'Urgences Patrimoine.